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 Bouqalates

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Sarah
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MessageSujet: Bouqalates   Mar 30 Jan 2007 - 18:17

Bouqalates


Quand le jour fait place à la nuit et que la lueur de la lune et des étoiles remplace celle du soleil, les femmes algéroises animaient leurs longues soirées par des retrouvailles organisées au cours desquelles elles savouraient la présence d’une dame âgée en l’écoutant raconter avec un art que seules les vieilles personnes possèdent les histoires des prophètes ou des contes des rois ou des «djenounes» (pluriel de djin). Tout cela autour d’une «skimpla» (table basse) garnie de thé et de différentes gourmandises (fruit secs, «halaouet El-Tork», figues séchées, etc.)
Le mot «bouqala» désigne un vase d’argile en forme de coupe au pied large. Ce récipient constitue l’objet principal du jeu. En effet, on apporte une bouqala qu’on remplit d’eau et dans laquelle on jette un bijou en argent (bague ou bracelet) dans le but d’y attirer un djin. Après quoi, on la fait passer aux femmes désireuses de participer au jeu afin que chacune d’elle y dépose sa fève marquée de façon spécifique à elle pour l’identifier lors du tirage au sort. Les bouqalates sont des petits poèmes porteurs de bons ou de mauvais présages.
Enfin, on couvre la bouqala avec la « chéchia » d’une jeune fille dans laquelle on procède aux fumigations faites à base de benjoin, de henné, de quelques gouttes d’huile d’olive, des effilures de vêtement d’une femme sans mari et de petits bouts de bois prélevés de sept portes différentes, tout en prononçant à l’adresse du djin des incantations.

Avant chaque récitation de bouqala, chaque assistante noue son mouchoir ou son foulard ou même sa ceinture matérialisant ainsi sa pensée pour l’absent auquel elle dédie la bouqala et écoute attentivement la récitation de celle-ci. Sitôt finie, une jeune fille vierge retire au hasard une fève du récipient et désigne de cette façon la femme concernée par la bouqala et toutes les autres interprètent, tour à tour, le présage tel qu’elle l’entendent. Puis, on remet la fève dans le récipient et on répète l’opération plusieurs fois.
Le jeu fini, l’eau de la bouqala est jetée soit sur la terrasse soit dans la rue, au milieu de la nuit quand il n’y a plus de circulation.
Si une femme veut voir dans le rêve si un vœu à elle doit se réaliser, elle met une gorgée de cette eau dans la bouche qu’elle crache après la formulation intérieure de son vœu et elle devra voir des signes pendant son sommeil lui révélant si oui ou non il sera exaucé. Si par exemple, elle désire se marier, elle entendra des youyous dans son rêve.
Ce jeu de société existe encore de nos jours mais sous une forme beaucoup moins protocolaire. Il reste toujours apprécié pour son côté mystérieux et poétique.

Un exemple de Bouqalat illustrée

*Voisine! Ma voisine, mon coeur est pour toi
et mes yeux ne voient que toi,
que ferai-je si ton père me refuse?
*Djarti, ya djarti, kalbi 3lik
ou 3ini fik, wech na3mel
wech nwassi ida bouk makbel biya?

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gazelle
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MessageSujet: La Bouqala, cérémonie ésotérique algérienne   Dim 17 Fév 2008 - 18:56

Autrefois, les Algéroises animaient leurs soirées en se réunissant autour d'une table basse garnie de friandises et écoutaient une vieille dame leur conter des histoires de djinns, de califes et de princesses. Certains soirs, elles organisaient une cérémonie secrète et ludique, appelée Bouqala, durant laquelle elles pratiquaient un rituel censé prédire l'avenir.

Le mot "Bouqala" désigne à l'origine un vase d'argile, qui constituait l'objet principal du rituel. On le remplissait d'eau et on y jetait un bijou en argent dans le but d'y attirer un djinn (une créature dotée de pouvoirs surnaturels). Puis, on faisait passer le vase aux femmes désireuses de participer au rituel afin que chacune d'elle y dépose une fève qu'elle avait marquée pour pouvoir être identifiée lors du tirage au sort.

Enfin, on couvrait le vase et on procédait aux fumigations, préparées avec du benjoin, des feuilles de henné, quelques gouttes d'huile d'olive, des effilures de vêtements d'une femme non mariée et des petits morceaux de bois prélevés sur sept portes différentes. Chaque "ingrédient" avait son importance.

Tout en préparant cet encens, les femmes s'adressaient au djinn en récitant l'incantation suivante :


"Nous t'avons fait des fumigations de benjoin, apportes-nous de bonnes nouvelles des cafés !

Nous t'avons fait des fumigations de henné, apporte-nous de bonnes nouvelles de Mazghana !

Nous t'avons fait des fumigations avec les effilures de la femme sans mari, apporte-nous de bonnes nouvelles de chez les hommes !

Nous t'avons fait des fumigations avec l'huile, apporte-nous de bonnes nouvelles de chaque foyer !

Nous t'avons fait des fumigations avec des bouts de bois, apporte-nous de bonnes nouvelles de chez les pèlerins !"



Ensuite, on déposait la Bouqala sur le sol et une femme inspirée commençait à réciter les bouqalates (pluriel de Bouqala), des présages de bonne ou de mauvaise augure, récités comme des poèmes.



Quand une femme récitait une Bouqala, les autres nouaient un mouchoir pour symboliser une pensée pour un proche auquel elles dédiaient la Bouqala. Sitôt l'incantation finie, une jeune fille vierge devait piocher au hasard une fève dans le vase, qui désignerait la femme concernée par le présage. Les autres femmes donnaient alors, tour à tour, leur interprétation du présage. Enfin, on remettait la fève dans le vase et on recommençait le rituel plusieurs fois.


Ce jeu de société qui n'aurait pas complètement disparu du folklore algérois, serait aujourd'hui davantage considéré comme un jeu poétique, qu'un rituel magique.



http://www.orientale.fr/article_10338.htm
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